La C.-B. décriée pour son feu vert à un gazoduc « alors que le Canada brûle »
Des organisations environnementales se disent choquées par la décision du gouvernement provincial d'approuver la poursuite de la construction d'un projet de gazoduc dans le nord de la province, au moment où des feux de forêt destructeurs ravagent le pays. Jeudi, le gouvernement provincial a maintenu la validité du certificat environnemental pour la construction du Prince Rupert Gas Transmission, une collaboration entre la Nation Nisga’a et la société texane Western LNG. L'Agence de réglementation environnementale de la province a décrété que le permis original du projet, délivré en 2014, restait valide parce que la construction du projet avait déjà substantiellement commencé. Un incendie de forêt près de la communauté de Pimicikamak, au Manitoba, brûle sur plus de 3000 hectares, début juin 2025. Photo : Duke Beardy Depuis le début de la saison des feux cette année, plus de 30 000 personnes ont été évacuées au Canada, principalement au Manitoba et en Saskatchewan, et plus de 2 millions d'hectares de terres ont brûlé — un seuil normalement atteint à la mi-juillet en moyenne au cours de la dernière décennie. Le changement climatique, majoritairement causé par l'exploitation des combustibles fossiles, accélère la fréquence et l'intensité des feux de forêt. Les communautés, celles qui sont évacuées, est-ce qu’on peut les regarder dans les yeux et leur dire que c’est une bonne idée d’avoir un nouveau pipeline? Quelque chose qui est vraiment terrible pour le climat? Les Forces armées canadiennes aident à évacuer les résidents de la région de Cross Lake et de Mathias Colomb. Photo : Commandement des opérations interarmées du Canada Aviation royale canadienne / Aviation royale canadienne Même son de cloche pour Pierre Chauvin, coordonnateur au développement chez Dogwood, une organisation de défense des droits climatiques et des peuples autochtones : Le projet de gazoduc a fait l’objet de manifestations à Vancouver et à Victoria, le mois dernier, et d’oppositions des chefs héréditaires Gitanyow, pour son impact sur le changement climatique et sur l'habitat des saumons. L'aval donné à ce projet est une étape de plus dans la mauvaise direction pour Sven Biggs, directeur des programmes canadiens sur le pétrole et le gaz à l’organisation environnementale Stand.Earth. En mai, la province a reconnu ne pas être en bonne voie d’atteindre ses objectifs climatiques. Elle s'était engagée à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030. La fracturation de gaz naturel requiert des quantités très importantes d’eau, alors que la région de la Paix, dans le nord de la province, fait face à une sécheresse multiannuelle, note-t-il également. Le projet de gazoduc a été approuvé pour la première fois en 2015, sous la propriété de la société TC Energy Corp, pour alimenter le terminal Pacific NorthWest LNG — aujourd’hui annulé et dirigé par le géant malaisien de l’énergie Petronas. La Nation Nisga’a et Western LNG ont racheté le projet de pipeline en 2024. Le gazoduc devait à l’origine relier Hudson’s Hope, dans le nord-est de la province, à l’île de Lelu, près de Prince Rupert. Les promoteurs ont toutefois actualisé le projet, pour qu’il commence à Chetwynd, évitant ainsi l’habitat des caribous, et s’achève à Wil Milit, sur l’île Pearse, plus près de l’installation d’exportation Ksi Lisims LNG. Cette installation de production flottante serait capable de produire 12 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Entre la première approbation du projet et aujourd’hui, la science est également plus au fait des dangers du gaz naturel, affirme-t-il. Le projet comprendra un pipeline pour acheminer le gaz depuis le Bassin sédimentaire de l’Ouest canadien vers une usine de liquéfaction flottante à l’extrémité nord-est de l’île Pearse pour exporter le gaz naturel vers l’Asie. Photo : Gracieuseté : Ksi Lisims LNG En 2024, une étude américaine (nouvelle fenêtre) suggérait que cette énergie fossile serait même plus polluante que le charbon. Renvoyer le projet à une évaluation environnementale aurait été la voie la plus Il rappelle également que le projet prendra des années avant d’être finalisé et mis en route, et ne réglera pas la crise économique actuelle. Avec des informations de Wildinette Paul Je suis vraiment triste, je suis fâché. Je ne peux même pas mettre d’émotion. C’est un moment de [dissonance cognitive] extrême, que je ne peux pas comprendre lorsque le Canada brûle
, a réagi David Quigg, organisateur au Sierra Club BC, basé à Nanaimo. 

On est dans une crise climatique grave, on voit les feux en Saskatchewan, et on veut continuer à extraire du gaz alors qu'on sait que ça fait énormément de dommage, notamment à cause du méthane.
Modifié plusieurs fois
On parle d’un gazoduc dont le certificat environnemental est arrivé à échéance il y a plus de 10 ans, il a eu une extension de 5 ans, et là, le gouvernement considère qu’il y a eu suffisamment de construction pour rendre ce certificat environnemental indéfini, alors que le tracé du pipeline a changé de nombreuses fois
, dénonce Pierre Chauvin.
logique
, soutient Sven Biggs. Et pourtant, le gouvernement a choisi de se mettre aux côtés des compagnies gazières, encore une fois.
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